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REVUE  DE  LA  VIE  DE  G. DROSSINIS

 

       Si les racines de G. Drossinis  se  trouvent à Messolonghi par son père et à Chio par sa mère, il naquit, quant à  lui, en 1859  à Athènes où il  passa toute  son enfance. Après avoir étudié Ie Droit  et  les Lettres à  l’ Université d'  Athènes, en Grèce, il partit à  Leipzig,  Dresde et Berlin en  Allemagne   compléter  sa  formation  par  des   études d’ allemand, d’ histoire de l’ art et de philosophie, dont, par le concours des circonstances, il  ne  fut  jamais diplômé. II rentra en Grèce à I’ aube de  l’ Indépendance.  Grâce à son poste de Chef de l’ enseignement  primaire au Ministère de  l’ Education, il  joua un rôle déterminant  dans  l’ éducation des jeunes en réformant  l’ enseignement et  l’ organisation scolaires.  Ainsi, s’ il veilla aux matières enseignées, il introduisit  aussi dans les écoles la gymnastique, les sports, le tir. II institua la cérémonie  quotidienne du salut au  drapeau.  II  introduisit  également les bases de l’ hygiéne scolaire, y fit améliorer l e mobilier, mais aussi établit le droit au congé maladie pour les enseignants. II organisa  la  tenue en Grèce du premier congrès consacré à l’ éducation.

II  eut  également  l’ idée de  créer  une  école  pour  les  aveugles. S’ il n΄ obtint pas d’ aide financière de la part de l’ Etat pour  créer  cette école, l’ aide d’ Iphigénie  Syngrou, épouse d’ André Syngros, riche bienfaiteur de la Grèce, lui permit d’ envoyer en France, pour y être formée, Irene Laskaridou qui devint la première professeur pour aveugles en Grèce. L' école vit le jour grace aux fonds que G. Drossinis parvint à collecter par des frères Ambet. Celle - ci fut  installée à  Kallithéa où elle se trouve toujours. G. Drossinis publia dans différents journaux des articles consacrés à ce sujet, mais édita aussi un livre adaptés aux aveugles.

Conscient de la nécessité de développer son pays, G. Drossinis fonda une école  technique  dans  laquelle les étudiants  pouvaient  acquérir une formation professionnelle parallèlement aux autres cours qui y étaient dispensés. L’ école comprenait  un dortoir, un  réfectoire, un grand jardin pour les récréations et la pratique de la gymnastique. A gauche du terrain où  elle fut construite se trouve encore aujourd’ hui la maison du surveillant dans laquelle G. Drossinis vécut pendant six ans afin  de s' assurer  que  l’ école  suivait  les principes qu' il avait édictés.

G. Drossinis fut, pendant plusieurs années, Secrétaire Général du Ministère de I' Education, poste qui  lui  permit, entre autres, de  séparer l' Ecole des Beaux Arts de  l' Ecole des  Métiers Industriels, de fonder  le Conservatoire de Thessalonique, et d' être à l’ origine de lois concernant l’ éducation des femmes.

La seconde guerre mondiale l’ obligea à interrompre la publication du premier dictionnaire  de la langue grecque.

 En    1947,  il  fut  proposé  pour  le  Prix  Nobel  de  Littérature   pour    

 l’ ensemble de son oeuvre, mais le prix fut attribué à André Gide.

G. Drossinis, qui  fut  également le premier Secrétaire des Publications de    l’ Académie  d'  Athènes,  fondée   en  1926,  institua   la   médaille d' honneur pour les sciences et les lettres dont il fut  lui - même décoré plus tard.

Aprés avoir quitté ses fonctions au Ministère  de l’ Education, G. Drossinis fut chargé, en accord avec la Société Archéologique de Grèce, de s' occuper de la Mosquée Turque de Voivode Mustapha Aga Tzistarakis située place Monastiraki à Athènes, qu' il transforma en musée d' art populaire avec ies  objets entreposés dans le sous - sol du Ministère de I’ Education. Cette présentation fut complétée par les trésors d' art populaire collectés dans les îles et les villages de Grèce, ainsi que par les collections privées offertes par des amis.

 

VISITE DU MUSÉE

 

  Le rez - de - chaussée de la Villa «Amaryllis» est actuellement occupé par les bureaux de l’ administration et les salles de la Bibliothèque Municipale  de  Kifissia. Le   Musée  occupe l’ entrée et les   trois salles au premier étage de ce bâtiment.

L’ arrière - cour, dominée par un buste de Georges Drossinis dans un angle, est aménagée en salle de plein air avec gradins, pour les divers spectacles, conférences et autres manifestations culturelles qui y ont  lieu à la belle saison.

De l’ autre côté de la cour, l’ ancienne écurie est aménagée en salle de conférences et de projections à l’ intention notamment des groupes scolaires qui complètent ainsi leur visite au musée. Les murs sont décorés de divers tableaux et photos faisant référence à l’ oeuvre du poète, ainsi que par un tableau en peinture et collages fait par des écoliers et représentant  l’ arbre généalogique de G. Drossinis

 

L’  ÉTAGE DU BÂTIMENΤ  PRINCIPAL

La grande salle centrale ou salle folklorique

 

La grande salle présente les héros des différentes oeuvres de G. Drossinis. 

La visite s' effectue de droite à gauche.

 

«Agrotikai Epistolai»

    «Agrotikai Epistolai» (Lettres rurales) est  le  titre  du premier roman de G. Drossinis. II est composé de lettres  inspirées  par  la  vie  rurale  sur  l’ île d' Eubée.  G. Drossinis vécut  à  Gouvès,  village  du   nord  de l’ île, de l’ âge de 17 ans  jusqu’ à ses 25 ans. II  y  résida dans une ferme  flanquée d' une grande tour. Celle-ci  avait  été  donnée comme dot  au père de l' écrivain qui  se  rattache  cependant  à  l'  Histoire  de la   Grèce.   En   effet,  devenue   indépendante   après  quatre  siècles  d’ occupation ottomane, la  Grèce  était pauvre. Ses habitants n' ayant  pas  les moyens d’ acheter  les  terrains  qui  appartenaient encore à  des Turcs, le gouvernement avait permis aux étrangers de s' en porter acquéreurs, espérant que le jour viendrait  où  les  Grecs pourraient à leur tour les racheter. C' est ainsi que  Rudolf von Wild, Suisse Allemand, avait acheté  Corbatsi, le village le plus proche de Gouvès. Grâce à  ses connaissances  techniques, Rudolf von Wild avait installè  sur son domaine des machines permettant d' écraser les olives et d' en extraire l’ huile.  II y fit également construire une  grande  maison de deux étages se composant de 17 chambres  luxueusement  meublées qu' il habita de 1875 à 1888 avec son épouse  et  leurs  enfants  ainsi que sa mère et sa niece. G. Drossinis avait connu cette famille et portait une vive admiration à la nièce, Hélène Weiss. II admirait ses merveilleuses peintures qui represéntaient les paysages des alentours du village ainsi que des scènes champêtres, voyant en elle la femme idéale.

Des esquisses au charbon faites par Hélène Weiss sont présentées en reproductions colorisées. Deux de ses journaux  intimes, ainsi que des photographies de cette famille sont exposés sur le mur de  droite  près de l’ entréee.

A  côté  se  trouve un  tableau  representant  l’ arbre  généalogique  de G. Drossinis.

 

«Amaryllis»

  Sous се titre, G. Drossinis présente dans l’ un de ses  romans  la femme idéale, une jeune fille  de 20 ans, très belle, intelligente, cultivée, diplômée en philosophie, aimant les enfants et la nature, fidèle à Stéphanos qu' elle a rencontré sur  l’ île d' Eubée et qui, devenu le mari qu' elle adore,  forme avec elle un couple idéal.

Son effigie est  représentée debout portant une longue  robe  blanche, un panier  rempli  de  cerises à  la  main et  des cerises  pendant  à ses oreilles. Sur  le mur  au - dessus d’  elle, un  tableau  représente  des amaryllis, fleurs portant son nom et préférées de G. Drossinis.

 Derrière elle  et  au - dessus  du  secrétaire,  se   trouve  la   dernière acquisition du musée: la photo d’ Adèle Thomas Boyd, une amie américaine que G. Drossinis avait  connue  à l’  âge de 27 ans. Cette photo est exposée sous cadre, entourée des douze feuillets d'un calendrier qu' Adèle Thomas Boyd avait peint en 1888 et offert à G. Drossinis. Quarante sept ans plus tard, Adèle, veuve et déprimée, le contacta par lettre. Ce fut le commencement d’ une correspondance à travers laquelle le poète essaya de la réconforter et de lui prodiguer les conseils nécessaires pour affronter les années  difficiles du crépuscule de sa vie. Un tableau représentant le lieu de leur première rencontre et parvenu fortuitement au musée est exposé juste en - dessous.

Sur un lutrin, un coffret en plexiglas contient un album de 100 gravures que G. Drossinis avait fait imprimer lors de son séjour à Leipzig, en Allemagne. Cet album, qui était offert à  des rois et autres personnalités de marque, résulte d’ une commande de la revue hebdomadaire «ESTIA» Cette  revue, devenu journal quotidien en 1894 grâce à G. Drossinis, existe toujours sous cette forme.

 

«L’ amandier en fleurs»

 

 Un après – midi de printemps  de 1880, G.  Drossinis  regardait  sa soeur Katia (Catherine) et sa cousine Drossina jouer dans le jardin. Drossina ayant secoué un amandier  en fleurs, ses cheveux et ses épaules en furent couverts, la rendant toute  blanche. Cette  vision inspira à  G. Drossinis  son poème «Amandier en fleurs»     qu’  il publia en 1882  dans la revue  «Rambagas». La chanson connut un immense succès. Chantée pendant près de 50 ans elle  est  encore aujourd’ hui sur les lévres des Grecs.

Se référant au succès du poème, G. Drossinis disait:

«J' ai écrit plusieurs poèmes qui sont bien meilleurs,  mais  chaque chose sur cette terre à son propre destin».

L' effigie de Drossina se trouve dans un coin de la salle  sous un amandier en fleurs.

 

Athanassios Diakos

Face à l’ entrée et à proximité de l’ effigie de  Drossina, se  trouve  celle d’ un jeune homrne portant le costume national grec des Evzones, la «fustanelle» (La fustanelle est une jupe blanche plissée portée sur un caleçon également  blanc. Elle est portée exclusivement par les hommes), et chaussé de «tsarouchia» (les tsarouchia sont de gros souliers de forme pointue décorés d’  un pompon  sur  la pointe). II  s'  agit d’ Athanassios Diakos, diacre et patriote fervent qui lutta contre les Turcs lors de la guerre d’ indépendance.

L' histoire raconte qu' ayant été capturé par les Turcs, ceux - ci lui proposèrent de le libérer s’ il se convertissait à l’ Islam. II refusa et fut exécuté par empalement, déclarant avant de mourir:

   «Vois - tu par quel temps la mort à choisi de m’ enlever: maintenant 

     que les branches fleurissent et que l’ herbe pousse».

Cette phrase inscrite dans les livres que l’ on distribuait aux soldats afin de leur remonter le moral, est restée célèbre et figure encore de nos jours dans les livres scolaires.

 

Dans son oeuvre, G. Drossinis décrit en détail cette histoire qu’  il tenait d’ un vieux soldat, Dimos, ayant combattu aux côtés d’ Athanassios Diakos. Dimos, à l’ époque déjà  trés âge, habitait près de la maison du poète  sur  l’  île d’  Eubée,  et  dînait   souvent chez lui.  II  lui racontait àlors  les  histoires  vécues  lors de  la  guerre d’  indépendance  que G. Drossinis reprenait le plus fidèlement possible dans ses livres.

Sur le mur derrière Athanassios Diakos se trouve une gravure particulièrement  expressive de la gitane «Zéphyra».  Celle - ci renvoie au roman de  G. Drossinis: «Herbe d’ amour» dans  lequel  Zéphyra  tient  la place  de l’ ensorceleuse qui prépare le philter  magique destiné à  garder  captive  son  amoureux Yannios.  Henri  Tonnet,   professeur  à l’ Université de la  Sorbonne à Paris, analysant  ce  livre  considère G. Drossinis cornme le premier et le plus importants écrivains de mceurs de la Grèce moderne.

΄A droite  et  à  gauche  de la porte qui donne au balcon se trouvent deux bibliothèques encastrées à portes vitrées. Celle de droite contient les manuscrits originaux des oeuvres de  G. Drossinis ainsi que divers autres manuscrits ayant appartenu à sa famille, dont certains datent de 1825.

 

Le grand - père et ses petits-enfants.

 Devant la seconde  bibliothèque, se trouve I’ effigie d’ un homme  âgé assis dans un fauteuil racontant  des  histories  à ses deux petits - enfants agenouillés auprès de lui. Elle symbolise le  travail  conduit par G. Drossinis qui a publié plusieurs  histoires pour  enfants,   dont  des adaptations des contes d’ Andersen, des frèhttp://www.lexilogos.com/galliko_lexiko.htmres Grimm et de Perrault, dans le but de leur donner une éducation morale au travers d’ histoires amusantes.

Un buste de Napolèon Ier offert à G. Drossinis est posé sur une vitrine contenant divers objets en porcelaine, cristal et argent ayant  appartenu à la famille de ce dernier. Ce buste lui inspira le poème qu’ il  composa en 1921 pour le centenaire de la mort de Napolèon.

 

Ersy

 Dans son roman «Ersy», écrit en dimotiki, langue grecque moderne, G. Drossinis raconte l’ histoire d’ un mariage d'amour, la joie d’ un jeune couple et  son bonheur de vivre ensemble dans un port situé sur  une  île. Ce bonheur est renforcé par le désir mutuel viagra prix maroc son d’  élever un enfant  sourd - muet, l’ un des héros de ce roman.

L’ histoire est suggérée par la table de jardin et les deux  chaises en paille installées sous un kiosque situé   dans l’ angle de  la salle, face  à I’ entrée après les portes - fenêtres. Tel que décrit dans le livre, un petit déjeuner est servi attendant le couple.

Dans la vitrina suivante sont exposés divers objers usuels datant du XIXéme et du début du XXéme siècle.

 

 

 

 

Eumorphoula

 Dans l’  angle gauche de la salle qui est recouvert de tapis muraux traditionnels, se trouve I’ effigie de  la «belle  jeune fille» (Eumorphoula en grec) présentée vêtue du costume traditionnel de l’ île d’ Eubée. Elle se réfère au titre d’ un poème  que G. Drossinis écrivit après la mort de son premier amour, qui fut cependant très platonique. II disait de ce poème: «si toutes mes oeuvres devaient  se perdre, il faudrait sauver celle-là».

La représentation d’ Eumorphoula  est  accompagnée de différents objets usuels dont la plupart sont inconnus de la génération actuelle, mais que l’ on trouvait à l’ époque dans les maisons campagnardes.

 

Kéti Manou

Avant de terminer le tour de la grande salle, à  côté  de l’ entrée se trouve un sofa de forme «tête-à-tête» ayant appartenu au poète. G. Drossinis s'y installait pendant de longs moments en compagnie de sa dernière muse, Kéti Manou, pour lui réciter des vers.

Irini

Irini (Irene) - la « paix » en grec – est   le titre du dernier roman que  G. Drossinis écrivit pendant l’ entre – deux   guerres. II  ne fut, cependant, publié qu' en 1945.  En effet, le poète refusa  catégoriquement  de publier quoi que ce soit durant la guerre et l’ occupation allemande.

Sur une petite table ronde, un vase plein de roses rouges, une lettre et un mouchoir brodé sont exposés comme  décrits  dans  un extrait du livre.

 

La salla de droite ou sale littéraire

La visite s' effectue de droite à gauche

 

  Tous les murs de cette salle sont tapissés de vitrines murales dans lesquelles l’ esprit, les oeuvres, les  activités  de G.  Drossinis  règnent en maître. Les oeuvres ici exposées et toutes écrites par lui, y sont classées par ordre chronologique.

Dans les vitrines du mur à droite de l’ entrée, consacrées à G. Drossinis en tant qu' écrivain et poète, parmi les éditions originales de tous ses livres, son roman «Amaryllis» (1885) est exposé  en divers exemplaires d’ éditions différentes. II connut  à l’ époque un grand  succés et fut traduit en huit langues,  contribuant  à porter G. Drossinis au  seuil du prix Nobel.


Au-dessus se trouvent des partitions rares, oeuvres de différents compositeurs  qui  mirent   en  musique  plusieurs de ses poèmes. S'  il n' est plus possible de les entendre toutes, pas de doute que tous les Grecs connaissent encore la plus fameuse d’ entre elles mettant en musique le poème «Anthismeni Amygdalia» (Amandier en fleurs).

Sur le mur suivant, une petite vitrine à quatre rayons  contient  divers volumes d' un essai contemporain sur la vie et  l’ oeuvre complète de G. Drossinis, essai sur lequel travaille encore le Professeur d' Université Yannis Papakostas. Dans la partie inférieure de cette vitrine est exposé un dessin du peintre Dimitrios Biskinis représentant le visage d' une jeune femme. Ce portrait fut spécialement peint pour décorer la couverture de la collection poétique de G. Drossinis, « Eipe » (« II dit »), et sa reproduction en miniature lui servit plus tard de sceau.

Les objets exposés ensuite rendent hommage à G. Drossinis  en tant que  journaliste. Une  large  vitrine  de  quatre  rayons est  remplie de  revues hebdomadaires «ESTIA». Sur le rayon du  haut  sont exposés des objets en   relation  avec le métier  de journaliste  qu' exerga aussi G. Drossinis. Parmi eux figure la  photo  de Pavlos Melàs,  jeune officier qui conduisit   de nombreux   combats  au  Nord  de   la  Grèce   lors  de l’ indépendance de la Macédoine. G. Drossinis lui vint en aide à travers le journal «ESTIA» qu' il dirigeait, en écrivant des textes  faisant  appel au patriotisme des Grecs. Un cartel situé à coté de la photo de Pavlos Melàs donne des explications qui éclairent le visiteur sur ce sujet.

Accrochée au mur figure la prèmire édition d’ «ESTIA » en tant  que journal quotidien. «Hestia» existe toujours sous cette forme que G. Drossinis lui donna en 1894 en transformant la revue hebdomadaire en un journal quotidien. La photo du siège du journal est présentée sous cadre avec un texte se référant aux activités de  G. Drossinis  dans le cadre de sa collaboration avec le journal.

Dans une vitrine posée contre le mur et parmi d' autres livres il y a une édition spéciale d' « ESTIA » consacrée aux 25 ans du règne du Roi Georges Ier en 1888. Cette édition en couleurs était exceptionnelle pour 1' époque, ce qui lui confère une valeur unique.

Sur le même mur est accrochée une série de  photographies présentant l’ inauguration à Syros de la statue de l' Amiral Andréas Miaoulis, héros de la guerre d' indépendance grecque. Y figure G. Drossinis, présent à cette cérémonie en sa qualité de correspondant officiel du journal «Ephiméris».

Dans la table d' exposition suivante sont présentés des manuscrits, lettres, traductions, cartes de visite ayant appartenu au poète. En-dessous sont posés des dizaines de classeurs contenant des exemplaires de journaux dans lesquels figurent des articles concernant le poète ou même écrits par lui. Une collection  complémentaire de ces journaux existe au sous- sol du musée.

Au-dessus de cette table, six vitrines murales renferment des livres et des revues grecs et étrangers avec lesquels G. Drossinis collabora en rédigeant de nombreux textes.

Le mur de gauche de cette salle accueille l' oeuvre de G. Drossinis en tant qu' éditeur. Sur toute sa longueur de nombreux livres, publiés notamment dans le cadre de l' Association pour la Diffusion de Livres Utiles, garnissent les vitrines et sont classés par  diverses  séries: la série rouge correspondant la période 1900-1908;  la  série verte  pour celle allant de 1908 à 1940 des publications allant de 1919 à 1926; concernant la Nation; une série dénommée «Bibliothèque ethnographique et historique» 1927-1939; des publications périodiques 1907 - 1926;  des   Editions   concernant   des   archives  folkloriques musicales 1935-1938; des livres pour enfants 1940; des  éditions nation-nales, des editions concernant la «Diaspora»; et des séries littéraires.

Près de la porte sont encadrées une photo d' Ioannis Athanassakis, premier Président de la Croix Rouge grecque, et le deuxiéme président  de l’ Association  pour  la diffusion de livres utiles et une lettre sous forme de biographie personnelle qu' il avait envoyée à G. Drossinis. En ces temps, c' était ainsi la manière habituelle d' exprimer sa confiance et sa haute considération envers une personne chère.

Enfin,  au centre de cette salle, une vitrine accueille contains objets personnels du poète: crayons de couleurs, poudre pour cartouches (G. Drossinis était connu en tant que chasseur, mais aussi en tant que pêcheur), deux paires de lunettes, des montres, ainsi que différents autres objets.

 

La sale de gauche ou d’ intimité

La   visite s' effectue de droite à gauche

 

La salle de gauche fut la chambre à  coucher du poète. Au-delà du poète, c' est l' homme que l’ on rencontre maintenant.

Derrière  la porte de la chambre est accrochée  la photographie              d' époque de la maison natale du poète située à Plaka, très vieux quartier d' Athènes au pied de l' Acropole.

Les livres  rangés dans les bibliothèques retracent la vie et l’ oeuvre de G. Drossinis. Sur le même mur près de  l’ angle, quatre icônes très anciennes ayant appartenu à sa famille ainsi qu' un crucifix éclairé par une Iampe à huile en argent sur laquelle est représenté Saint Georges tuant le dragon, rappellent que le poète était un homme de grande foi respectueux des valeurs chrétiennes.

Face  à l’  entrèe  une sèrie de tableaux et de photographies le prèsentant aux diffèrents âges de la vie entouré  par les portraits de son père Christos, de son frère Stratos, de son fils Costas, de sa fille aînée Angèle et de sa fille cadette Amalia (Lily) se tenant à côté de son mari Johann von Planta (d'  origine  Suisse Allemande), ainsi que par le blason de la famille von Planta.

Dans l’ angle de la pièce près de la fenêtre, sur une petite table de nuit qui faisait partie des meubles d' origine de la chambre du poète, est posée la première réplique de la tête d' Hygeia, la déesse de la santé, offerte par le plasticien italien Giovannini à G. Drossinis qui l’ avait nommé au Service des musées du Ministère de l’ Education Nationale.

Nombre  d' éléments consacrés à  l’ école  technique professionnelle qu' il  fonda  figurant  ici. On y  voit  en particulier  la  plaque  de  marbre rapportée à Kifissia par G. Drossinis lui-même lorsque l’ école ferma en raison de la seconde guerre mondiale.

Sur une colonne est posée une petite statue de la Vénus de Milo puis à côté,  sur  une table, un vase avec sept dahlias rouges. La première page d' un journal grec de l' époque présenté sur le lutrin permet de lier ces indices entre eux. En effet le journal rapporte qu' une petite fille de douze ans, Béatrice Kotta, visitant un jour le musée du Louvre en compagnie de ses parents, glissa subrepticement sous la statue de la Vénus de Milo qu' elle admirait, la copie d' un poème de G. Drossinis consacré à Venus. Les années passèrent. Peu avant la seconde guerre mondiale, la  statue fut transportée dans une autre salle du musée. Le directeur du  Louvre ayant  trouvé la copie du poème, contacta le poète et lui raconta la découverte. G. Drossinis, très touché, fit rechercher Béatrice devenue entre temps Madame Stamatopoulou. II  l' invita chez lui. Elle arriva portant dans ses bras des dahlias rouges. Tous les deux, très émus, parlèrent du  poème «Vénus  de  Milo» et du chagrin de Vénus loin de son village situé sur  l’ île de Milos, adoucissant ainsi le crépuscule de la vie de Drossinis.

Sur le mur sont exposés des photos, des  exemplaires  du Journal Officiel ainsi que des dictionnaires attestant de l’  action de G. Drossinis au sein du Ministère de l'  Education Nationale.

Plus loin, une petite bibliothèque rotative accueille des livres de lecture datant de 1884 à nos jours, ainsi que les premiers livres de lecture scolaire signés par G. Drossinis.

Les nombreuses décorations qui furent accordées à G. Drossinis sont présentées sur le mur  au-dessus de  la   bibliothèque. Parmi celles-ci figure le diplôme attestant de  son  élévation  au  grade  de Chevalier de l’ Ordre National de la  Légion d' Honneur  qui  lui  fut  accordé  en 1924 par le Gouvernement français en remerciement de ses efforts visant à renforcer  l’ amitié franco - hellénique. Le point  culminant  de  ceux - ci fut  la  cérémonie sur  l’  Acropole  en 1865  pendant  laquelle  fut  récité le  poème « Prière sur l’ Acropole »  d'   Ernest  Renan, beau - père   de l’ écrivain grec Yannis Psycharis, ami de G. Drossinis.

Suit une effigie de G. Drossinis âgé, assis  dans  le fauteuil en paille dans lequel le poète avait l' habitude de s' asseoir, une  couverture sur les genoux - cadeau de son amie Elda Nazou – et tenant  dans ses mains un exemplaire du journal «ESTIA».

Derrière  ce fauteuil, une vitrine accueille de nombreux objets personnels: un téléphone noir d' époque, des livres en français, des boîtes à cigares, des ébauches offertes par les sculpteurs Michalis Tombros et Ioannis Vitsaris, enfin un petit buste du poète grec Costis Palamas, ami très cher de G. Drossinis.

Sur le mur au-dessus de cette vitrine est encadré le manuscrit de son dernier testament daté de 1942.

Enfin, les tableaux et le tapis qui ornaient sa chambre sont toujours présents à l' endroit qu' ils occupaient de son vivant.

 

 

TERRE HELLÉNIQUE

Maintenant que je m'en vais vers des contrées lointaines

Et nous vivrons des longs mois et des années séparés,

Laisse, o laisse moi prendre quelque chose de toi,

O ma patrie d' azur, ma patrie bien-aimée.

Contre tous les chagrins et contre tous les maux

Laisse emporter au loin comme talisman magique

Talisman contre la maladie et la mort

Rien qu' une poignée de terre, de terre hellénique,

 

Terre qu’ ont rafraîchie les suaves brises nocturnes

Terre que la pluie de Mai à baignée,

Terre parfumée par les étés ardents,

Terre bénie, terre féconde et qui engendre

Par la seule grâce céleste de la Pléïade

Et rien que par les chauds baisers du Soleil

La vigne odorante et les blonds épis

Et le vert laurier et l' olivier amer.

 

Terre honorée, qui à été bêchée

Pour ériger les fondations d' un Parthénon,

Terre glorieuse et de sang teintée

Du noble sang du Souli et du Marathon

Terre qui recouvre de saints corps de héros

Des morts de Missolonghi et de Psara,

Terre qui apporte même à moi l’ insignifiant,

Du courage, de l’ orgueil, de la gloire de la joie.

 

Je t’ aurai comme talisman sur ma poitrine

Et sur mon coeur quand je te sentirai,

Je puisserai en toi secours et force divine.

Qui me protégeront de tout charme étranger

Et c’ est ta Grâce qui me rendra plus puissant

Et n’ importe où que j’ aille, errant en d‘ autres pays

Tu garderas vivant en moi l’ unique désir

De revoir l’ Hellade, l’  inoubliable Patrie.

 

Et, si ma destinée, sinistre. inexorable

Ecrit que je m’ en aille pour ne plus retourner,

De toi je recevrai le supreme pardon,

A toi je donnerai le dernier baiser...,

Ainsi, même si je meurs sur une terre étrangère

Tu me rendras plus doux mon tombeau désolé

Quand on m’ enterrera je t’ aurai sur mon coeur

O terre hellénique, - ma terre bien-aimée!

                                                       Elisabeth Psara